20 mai 2014

Colombia 5 – San Augustin, on connait bien – El parro de los campesinos

Lundi 28 avril, début de la grande grève nationale des agriculteurs Colombiens. Ce jour là, nous partons du désert de la Tatacoa et ne faisons qu’on tout petit bout de route pour rejoindre la fraîcheur attendue de la rivière de Rivera, sans encombre aucun. Mais tout le monde nous alarme “Les campesinos installent des barrages partout sur les routes, plus au sud vous ne passerez pas.” Ne nous laissons pas démonter, allons voir tranquillement…

Mardi matin, l’objectif de la journée est d’atteindre San Agustin, où nous savons que nous pourrons rester le temps qu’il faut si besoin.
Dans la matinée, nous tombons effectivement sur notre premier barrage, mais les agriculteurs ne bloquent le passage que par intervalle de 20 minutes: à peine le temps de faire connaissance, de discuter un peu pour commencer à comprendre les causes du mécontentement, et de se faire prendre et reprendre en photo très jovialement.
Début d’après-midi, 2e barrage. Là les véhicules locaux ne passent plus; les passagers des bus descendent et traversent le barrage à pied. Andreas descend pour discuter, je commence à faire l’école avec les enfants dans le Tioga. Au bout d’une heure de parlementassions, sympathiques mais fermes, ils nous laissent passer, mais seulement nous parce que nous sommes étrangers et voyageons avec des enfants.
Nous passons devant une station essence; Andreas, prudent et prévoyant, en profite pour faire le plein: un réflexe qui nous permettra de poursuivre notre route une semaine plus tard malgré la pénurie !
15h, Nouveau barrage, un camion en travers de la route, il y a beaucoup de monde. Andreas descend discuter. Les enfants du village viennent nous voir. Bientôt le Tioga est plein à ras bord d’enfants, puis de parents, et mêmes des agriculteurs du barrage qui montent, curieux de voir en vrai un véhicule qu’ils n’ont vu qu’à la télé. Ils finissent par nous dire en rigolant “vous devriez faire payer la visite”. ça c’est sûr, on aurait gagné notre après-midi ! parce que sinon, au niveau des négociations, ça n’avancent pas vite… Ils semblent finalement d’accord pour nous laisser passer… à 18h seulement. Patience.
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Du coup on a le temps d’en apprendre plus sur les revendications. Selon les sensibilités de chacun, des choses assez différentes sont mises en avant :
   - la loi qui est en train d’être votée qui oblige les agriculteurs à acheter leur semences aux grands groupes;
  - le cours du café trop bas qui devrait être soutenu par le gouvernement;
  - la politique actuelle du gouvernement qui vend toutes les concessions minières à l’étranger et dépossède la Colombie de ses matières premières, ne laissant sur place que les conséquences environnementales;
   - le prix trop cher des engrais et pesticides;
   - les dettes contractées suite à l’ouverture d’emprunts à taux bas (qui avait résulté des négociations de la grève précédente) qu’il faudrait effacer.

Des idées que l’ont soutient, et d’autres un peu moins, mais à 17h50 nous sommes toujours bloqués. Finalement comme promis ils nous laissent passer à 18h.
19h, nouveau barrage à quelques kilomètres de San Agustin, des arbres en travers de la route. Mais à cette heure-ci les grévistes ont vite pitié de nos enfants qui n’ont pas encore mangé (les pauvres, qui se sont goinfrés de biscuits tout l’après-midi…), et les arbres sont dégagés par quelques bras costaux.

19h30: objectif atteint ! nous sommes à San Agustin.

Désormais nous sommes tranquilles. Nous allons passer une semaine au calme, dans le camping d’une famille adorable avec des enfants pour jouer.Le climat est parfait, ni trop chaud ni trop froid; les environs regorgent de sites archéologiques aux sculptures fantastiques ; la pâtisserie française est à 5 min à pied et nous aurons notre baguette et notre Paris-Brest tous les jours. Dur, dur, de supporter une grève nationale…
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Ces statues, rigolotes ou terrifiantes, accompagnaient les morts dans leurs tombes; elles datent pour l’essentiel du XIII – IXe siècle. On les découvre au fil de balades, à pied, à cheval ou à vélo, dans les superbes paysages de part et 04052014-DSC_0047d’autre du canyon Magdalena – on est ici, tout au sud du pays, presque à la source de ce fleuve gigantesque qui traverse la Colombie d’un bout à l’autre (ou avait vu l’embouchure sur la côte caraïbe juste après notre arrivée à Carthagène).

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   La balade à cheval est un plaisir en soi, toute la famille au grand galop. Mais en plus elle nous permet de découvrir le beau site de La Pelota, où les sépultures découvertes récemment ont conservé une partie de leurs couleurs.

 

 

 

 

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Yan passe encore son temps à photographier les oiseaux, les parents se font plaisir sur le marché, encore bien approvisionné,

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Tobias joue avec Marty, le jeune chien du camping, pendant que Clara s’en va joyeusement pour l’école. Bref, à San Agustin, nous sommes bien.

Malgré tout la route nous appelle, et il semble que les campesinos, toujours en grève, ont la consigne de laisser passer les étrangers. Effectivement, au barrage à la sortie du village les hommes discutent à peine pour nous ouvrir la barrière.
Après un arrêt au site Alto de los Idolos pour voir d’autres tombes et sculptures nous traversons une dernière fois la cordillère colombienne pour rejoindre Popayan.

 06052014-DSC_0173      06052014-DSC_019306052014-DSC_0186  Le très beau site Alto de los Idolos.

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Le paramo sauvage dans la traversée de San Agustin à Popayan, avec la végétation spécifique des frajilones.

A part un stop dans les thermes de Coconuco, dont sous garderons longtemps l’odeur de souffre, le temps pluvieux ne nous incite pas trop à nous arrêter. Une dernière visite à la cathédrale de las Lajas, le plus grand lieu de pèlerinage après Lourdes selon les gens Colombiens: l’impressionnant édifice gothique a été construit sur une gorge profonde où est apparue la vierge.

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Et ça y est, nous voici à la frontière. 2 mois passés en Colombie, 2 mois de bonheur et de plaisir avec des gens d’une hospitalité et d’une chaleur incroyable. Une chose est sûre, nous reviendrons, il nous reste trop de choses à découvrir, trop d’amitiés à partager.

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11 mai 2014

Colombia 4 – La cordillère à saute-mouton – Hola, que mas?

15 – 29 avril 2014

Nous quittons Bogota, 2600m, le mercredi de la semaine sainte. Ouille… on avait oublié ce que c’est les bouchons pour sortir d’une grande ville une veille de week-end prolongé ! (ici le jeudi et le vendredi saints sont fériés, mais pas le lundi de Pâques). Un peu de patience et nous parvenons à franchir les premières montagnes de la cordillère pour redescendre doucement vers l’ouest dans la zone cafetière.
La rivière qui coule dans cette vallée s’appelle Tobia, elle passe par un village du même nom : nous avons déjà fait plusieurs fait halte à Santa Clara ou à San Juan, alors pour compléter le trio il faut qu’on s’y arrête même s’il manque un S. A l’entrée de la commune Tobias est tout fier de reconnaître (presque) son prénom. C’est une destination de proximité pour les Bogotains amateurs de sports nature qui viennent chercher un peu de chaleur, c’est donc bondé, mais les enfants apprécient la piscine.
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Im Hinterland von Bogota, beim Verlassen der Ostkordillere, stossen wir unverhofft auf ein kleines Dorf Namens Tobia, unumgaenglicher Stopp, und landen im Freizeitzentrum San Juanito, wir freuen uns ueber diese gelungene Kombination, eine angenehme Nacht mehr im schoenen Kolumbien.

Nous continuons notre descente jusqu’à Guaduas, joli village colonial où nous restons 2 jours, qui nous marquera  pour l’intensité de ses processions de Pâque (voir article précédent “La semana santa”).

17042014-DSC_0092Am Dorfplatz von Guaduas, einem der 16 magischen Doerfer des Landes, wo weit und breit keine auslaendischen Touris zu sehen sind. In diesem Dorf duerfen wir an den Osterfeierlichkeiten teilnehmen, siehe auch der Artikel “semana santa”.

De retour sur la route, l’altimètre continue de baisser ; nous arrivons à Honda qui vit au rythme du grand fleuve Magdalena, à 200 m d’altitude. Il faut chaud. Mais seulement temporairement car nous remontons aussitôt.

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Le fleuve Magdalena, qui traverse intégralement la Colombie du Sud au Nord, sillone dans une large vallée centrale. Les villes et villages qui le bordent vivent de la pêche. Das kleine Fischerdorf Honda liegt auf 200 Meter Seehoehe am groessten Fluss des Landes, dem Rio Magdalena. Tropisch warm-schwuele Luft steht ueber dem Dorf, innerhalb von 4 Stunden fuehrt die Passstrasse in Richtung Kaffeezone in die Zentralkordillere hoch. Der Naechtigungsplatz am Nevado Ruiz liegt auf 4100 Meter, bravo liebe Eltern, die Akklimatisationsgrundsaetze sind tadellos eingehalten worden, ohne die geringsten Beschwerden ueberstehen alle unbeschaedigt die Nacht.

En fin d’après-midi, après avoir traversé de magnifiques paysages verdoyants de plantations de café, le Tioga gravit bravement les flancs du volcan Nevado del Ruiz. 4100 m !! Là il ne fait plus chaud du tout, nous ressortons les polaires, gants, bonnets et gros sacs de couchages. Mais l’accueil chaleureux des guides du parc national compense les degrés qui manquent. Le paysage est austère, enfin quand on l’aperçoit à travers le brouillard : une végétation basse typique du paramo (plateaux andins d’altitude), d’où émergent seulement les frailejones qui nous rappellent les arbres de Josué des déserts américains. Malgré tout il y a beaucoup de fleurs et des colibris très spécifiques viennent y butiner.
Tobias et Clara encaissent parfaitement leur première montée à 4000m, et la nuit est étonnamment bonne bonne pour tout le monde.

4000 Meter heisst in Suedamerika noch lange nicht, dass es ueberall Schnee hat. Im Gegenteil: Wasserfaelle, seltene Pflanzen wie Frailejones, besondere Voegel, leider noch keine Kondore, dafuer aber eine frische, ruhige und einsame Nacht, gehuellt in warme Schlafsaecke.

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Les frailejones, hauts de 2,5 m ici en altitude, sont des plantes endémiques de Colombie, Venezuela et d’Equateur. Frailejones wachsen angeblich 8-10 mm pro Jahr, im Nationalpark “Los Nevados” gibts einige Exemplare ueber 2.5 Meter zu sehen, sofern es der dichte Nebel zulaesst.
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Oxypogon guerinii, un colibri qu’on ne trouve qu’au dessus de 3200 m, de même que les coussins de mousse résineuse. Kolibris leben nicht nur im warmen Tropenwald. Aus der ganzen Welt kommen Ornitologen in diese Gegend, um obigen, endemischen Kolibri auf 4000 m Seehoehe zu beobachten. Der geduldigen und ruhigen Hand Yans gebuehrt dieses Bild.

Nous redescendons sur la ville de Manizales, où nous allons combler notre manque de remontées mécaniques hivernales en utilisant pour la première fois un téléphérique urbain. C’est effectivement un mode de transport bien pratique quand on n’est pas embarrassés d’une paire de skis et de grosses chaussures ! C’est aussi une spécialité bien française puisque comme à Medellin ou à Chicamocha c’est encore une fabrication Poma – merci Benjamen. 22042014-DSC_0682La ville n’a pas de charme particulier si ce n’est sa situation, mais avec les nuages persistants pas de chance d’apercevoir le Nevado del Ruiz que nous venons de quitter. Nous nous rabattons sur la place principale, encore une place Simon Bolivar comme dans presque toutes les villes du pays, mais ici  la statue monumentale du grand libérateur de l’Amérique du Sud est plutôt surprenante, mi-homme mi-condor.
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In Manizales gibt’s an sich nichts Herausragendes zu sehen, doch die Stadtseilbahn, eine moderne Art oeffentlichen Transportmittels, ist sehr verlockend und fuehrt direkt ins Zentrum, wo der hoechste Kirchturm des Landes steht. Simon Bolivar, der grosse Befreier von Venezuela bis nach Bolivien, geschmueckt in Kondorfedern, triumphiert am Kirchplatz.

Un peu au sud, les thermes de San Vicente sont à 15 km de Santa Rosa de Cabal : 10 km de piste pas exactement adaptée à un gros camping-car américain, mais notre fidèle Tioga tient bon la route (nous le rebaptisons à cette occasion Fidel) et nous emmène nous prélasser une journée entière dans les eaux délicieusement chaudes et les saunas naturels. Nous jouissons là du bon côté de l’activité du volcan – toujours le Nevado del Ruiz- même si elle nous empêche désormais de gravir le sommet. Le bain de nuit dans les bassins fumant vaut vraiment la peine.

Angeblich die naturbelassensten Thermalbaeder im Lande, auf Empfehlung von Robert und anderen Insidern klettert der Tioga, seitdem umbenannt in Fidel, nicht Castro, ohne Muehe die verwundene Bergstrasse in den Nebelwald hoch. Keine Noete zum “pozo del amor” vorzudringen, um sich in diese Becken zu verlieben.
 

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Selbst Kinder duerfen zeitlich unbegrenzt in die sehr warmen Baeder, was fuer ein Unterschied zum heimischen Gehabe mit Alters- und Zeitbegrenzung in Thermalbaedern! Spaetestens als das Gewitter mit heftigen Blitzen aufzog, war zumindest fuer uns ein voruebergehendes Verlassen der Becken angesagt, Saunauntensitzer!, die Einheimischen machen diese Himmelsknaller nicht stutzig.

Notre étape suivante, Filandia, est un petit village cafetier haut en couleur, avec ses vielles jeeps de la guerre qui transportent des chargements étonnants de café, de bananes ou d’écoliers ; ici l’ensemble de la vie tourne autour du café – le meilleur du monde ! -, de la production à la dégustation, et l’on savoure enfin un bon tinto (café noir) sans sucre, ce dont on n’a plus l’habitude.

Um es genau zu nehmen, liegt die Kaffeezone Kolumbiens an den Westhaengen der zentralen Zentralkordillere. So jetzt wissen es alle. Und ausser Kaffee wird dort nur Kaffee und Kaffee angebaut, davon geht der Beste in den Export und der Rest fuer den eigenen Verbrauch, erstaunlicherweise auch ohne Zucker.

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Plantations de cafés et grains mûrs. 

 

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Aus der ganzen Welt sind die Ortsnamen zusammengeborgt. Siberia, Alaska, Versailles, Armenia, Pensilvania oder wie hier in Filandia, einem ruhigen und gepflegten Dorf in der Kaffeezone, wo die kleinen Jeeps das Standarttransportmittel fuer die abgelegenen Fincas und Bergdoerfer sind. Auch den Tioga wollten sie uns abkaufen, nur brauchen wir und unsere Nachfolger ihn noch. Von so einem treuen Begleiter trennt man sich nicht so einfach.

Une promenade dans les rues, le nez au vent, et nous rencontrons Julian qui nous invite chez lui. Il est photographe – pour le plus grand bonheur de Yan à qui il va donner des tuyaux techniques - et vit avec Yvonne dans une belle maison toute en bois, aussi colorée à l’intérieur qu’à l’extérieur, une maison où l’on se sent bien. Nous vivons encore une fois l’hospitalité colombienne.
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Yvonne nous fait manger comme des rois, et pour digérer nous essayons le superbe bicycle de Julian. Vorbildlich ohne Schuhe trumpht Mami Carine auf hohem Rad auf, das unsere Gastgeber, Yvonne und Julian, Profifotograf, aus London importierten.

Nous quittons la zone cafetière et repassons à nouveau la cordillère (remontée à 2800m), par une route sinueuse où le trafic des camions est plus qu’impressionnant, pour retomber une nouvelle fois dans la vallée du grand fleuve Magdalena (redescente à 200m). Après une grosse journée de route nous arrivons dans un endroit à nouveau totalement différent de tout ce qu’on avait vu auparavant: le Désert de la Tatacoa. Même si le terme “désert” est tout relatif puisqu’il pleut en moyenne autant qu’en France, les canyons d’érosion aux tons rouges, les cactus et la chaleur écrasante nous impressionnent. De 11 heures à 4 heures la sieste est obligatoire ; l’activité ne reprend qu’en fin d’après midi. Mais elle se poursuit à la nuit tombée par l’observation des étoiles dans un ciel particulièrement clair : grâce au télescope de l’observatoire, Clara observe les anneaux de Saturne, Tobias les lunes de Jupiter et Yan la nébuleuse l’Alpha du Centaure. Un vrai beau ciel de nuit pour conclure une vraie belle journée de couleurs.

Ueber die Zentralkordillere wieder nach Osten zurueck ins Magdalenatal, wo es keine feuchten Kaffeezonen sondern eine Halbtrockenwueste, die Tatacoawueste, zu sehen gibt. Sternenhimmel und Planetenbeobachtungen am Observatorium, kurze Wanderungen unter gluehender Sonne, ein kuehles Poker zum Abendessen, bevor uns erklaert wird, dass der Weiterweg nach Sueden von Bauernstreiks und Strassensperren gezeichnet sein wird, dazu beim naechsten Mal.

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Lundi 28 avril, juste avant de partir, nous apprenons que les agriculteurs du pays lancent une grande grève nationale (prévue depuis plusieurs mois, mais personne ne nous en avait parlé), il devrait y avoir des barrages partout sur les routes. Ah…. Allons voir s’ils nous laissent passer.

PS: 2 semaines plus tard, nous voici en Equateur, sans avoir été embêté ou presque par la grève.

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06 mai 2014

Columbia 3 – vers Bogota

DSC_1133 Notre itinéraire au 15/04 Bogota, Hauptstadt Kolumbiens, Mitte April

En se rapprochant de Bogota, changement de décor après les villages coloniaux, nous traversons une région de mines, exploitées depuis bien avant l’arrivée des Espagnols et encore en activité aujourd’hui:

 12042014-13 d’innombrables petite exploitations familiales de charbon,

Kleinkohlebergwerke mit selbstgebauten Foerderungsanlagen, um die naheliegende Salzbergwerke mit Energie zu versorgen. Die Schufterei ist den Erwachsenen vorbehalten, von Kinderarbeit, wie in anderen Laendern, keine Spur

et d’importantes mines de sel, comme celle de Nemocon: si nous n’avons pas visité la très populaire cathédrale de sel de Zipaquira (peur d’avoir trop de monde en ce début de semaine sainte), nous avons quand même eu notre dose de religiosité souterraine avec les petites chapelle installées par les mineurs.
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Avant notre étape citadine à Bogota, nous faisons un détour par Suesca, un site d’escalade que nous avait indiqué Cameron, le grimpeur américain rencontré trois semaines avant sur la côte caraïbe. Et là surprise, nous retrouvons… Cameron justement. Autre surprise une heure plus tard, nous tombons sur Chris, qui vient former les guides locaux aux techniques sur cordes: il travaille pour Petzel à Grenoble, habite à Theys et nous avons plein de connaissances en commun!! Décidément, le monde de la grimpe est bien petit.

Suesca gehoert zu den ganz grossen Klettergebieten in Kolumbien. Relativ rassige Sportkletterein oder selbstabzusichernde Mehrseillaengentouren in allen Schwierigkeiten in einer Art Granit-Vulkangestein.

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12042014-16Tu vois Jacques, pour répondre à ta question, oui, il y a aussi de superbes spots d’escalade en Colombie.

Zu guten alten Zeiten konnte man wenigstens mit der Bahn bis zum Einstieg fahren … zum Glueck spottet der Tobias seinen Alten, wer weiss wann der auslaesst?

Heureusement qu’on arrive à faire de temps en temps un peu d’exercice, parce qu’avec le régime carnivore que nous sommes en train d’adopter nous avons des graisses à brûler …

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La longaniza, longue saucisse de porc est la spécialité de la région. Wer nur eine Wurst bestellt, ist von Ueberraschungen nicht gefeit, am linken Bild, das ist zB eine einzige Wurst. Kinderportion, Spielverderber!

En plus, même quand on essaie de faire du sport, nos plans sont souvent détournés. A la Mesa des los Santos, un autre site d’escalade recommandé par Cameron, nous n’avons jamais pu arriver jusqu’au rocher car nous avons été “interceptés” à l’entrée du village par Danovis et ses parents; à peine avions nous lié connaissance qu’ils nous invitaient chez eux pour le repas de midi – une orgie de viande grillée délicieusement marinée au jus de canne à sucre. Ils ne nous ont pas laissé repartir le soir, ni le jour suivant … Tobias et Clara étaient aux anges de dormir dans une vraie maison, Yan s’est fait un super copain avec Harver, le plus jeune des trois frères de la famille, tout le monde s’est goinfré de pop-corn maison en regardant la télévision, et  nous avons désormais une adresse de plus à revenir visiter pour le jour certain où nous reviendrons en Colombie.

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La famille Lozano au complet, des hôtes que nous avons eu du mal à quitter. Unsere Gastfamilie Lozano, die so abgemagerte Fernreisende gerne bei sich aufnimmt, um sie wieder auf die richtigen Wege zu setzen. Persoenliche Einladungen bedeutet nicht immer Erholung, dafuer aber eine sehr intensive, gemeinsame Zeit mit Leuten des Landes.

Bogota – Capitale de la Colombie, 7 millions d’habitants, un climat plutôt frisquet, forcément nous sommes à 2600 m. Pour une fois nous passons 2 jours très citadins, le Tioga est stationné en plein centre ville sur un parking gardé bordé de hauts immeubles, l’ambiance contraste nettement avec les jours précédents. Nous faisons notre dose de shoping – il nous faut des chaussures pour les enfants qui ne rentrent plus dans les leurs – nous déambulons dans le vieux quartier historique de la Candelaria, faisons un stop devant le bâtiment de la présidence – l’équivalent de l’Elysée, où réside et travaille l’actuel président Santos. Mais surtout, nous profitons des superbes musées qu’offre la ville et qui ont motivé notre visite.
Le musée de l’or, le plus important d’Amérique latine, nous émerveille non seulement par la quantité et la variété des pièces, mais aussi par la finesse du travail. Tout est beau, un rien fascinant, et on en arriverait presque à comprendre que ces trésors aient attiré tant de convoitises – mais pas à excuser les extrémités auxquelles leur découverte a conduit.

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Kulturstopp in Bogota mit 2 der beruehmtesten Museen Suedamerikas, dem Goldmuseum der Staatsbank und dem Kuenstlermuseum Botero.

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Bain de foule entre 2 musées dans le quartier des marchés, particulièrement animé; nous avons réussi à ne perdre personne !Bain de foule entre deux musées dans le quartier des marchés, débordant d’agitation.

Le musée Botero - totalement gratuit, une vraie initiative culturelle – présente une large série de toiles et de bronzes de l’artiste contemporain majeur du pays. Yan et Clara ont découvert mi-étonnés mi-amusés l’univers des “gorditas” (les grosses) – ils ont bien aimé la version en rondeur de la Joconde –, Tobias s’est occupé à faire faire la visite à son nounours, et Carine s’est fait plaisir avec en prime quelques Picasso, Monnet et Dalhi méconnus.

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30 avril 2014

La (Semana) Santa – Die (Heilige) Woche: Ostern

Guaduas, Colombia, 18/04/2014

Pâque, Pascua, Ostern. Les œufs en chocolat, les cloches, le lapin de Pâque… rien de tout cela cette année. Nous découvrons ou redécouvrons le vrai sens des fêtes pascales, dans un pays très catholique.
Toute la semaine sainte, les messes et les processions s’enchaînent, dans la foule, la musique et la bonne humeur : le jeudi et vendredi sont fériés, mais la plupart des Colombiens prennent toute la semaine de vacances, il y a du monde partout.
So wie schoen Weihnachten ganz anders als gewohnt verlief, wird auch Ostern auf unterschiedliche Weise gefeiert, eigentlich zelebriert. Keine Spur von Hasen, Eiern oder Weihfleisch. Pures Christentum in hingebender Heiligkeit, von Scheinheiligkeit nichts zu sehen. Tiefglaeubiges Christentum existiert als tatsaechlich noch. In Kolumbien gibt es mehrere Hochburgen, in denen Ostern ueber die ganze Osterwoche mit taeglichen Prozessionen gefeiert wird

Un Chemin de Croix, IVX stations, 4 porteurs par statues, des milliers de parapluies-parasols dans les rues étroites de Guaduas.
Der Leidensweg Christi in seinen 14 Stationen war am Karfreitag Vormittag ein Umzug, die Sepultur am Abend. Und genau davon sind ein paar Aufnahmen zu sehen. Wer sich die Bilder genau anschaut wird verstehen, was mit “die Heilige” gemeint ist.

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Le Christ est mort, la Croix devient objet de culte18042014-DSC_0258

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La procession du Saint Sépulcre, Jésus est porté au tombeau. Les rues sont noires de monde mais l’ambiance, pourtant solennelle, reste familliale et bon enfant.

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  Tiens, vous la reconnaissez ? Et oui, encore une fois nous avons été accueillis et adoptés par la communauté du village, à tel point que notre petite blonde a réussi à se faire embaucher pour porter l’étendard de  Véronica.  Petite Santa d’un soir.

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Jésus est déposé au Tombeau, fin du Vendredi Saint.
Demain, Jésus ressuscitera, mais nous serons déjà loin.

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Que l’on croit ou pas, l’ensemble a eu quelque chose d’envoutant. Pour Clara encore plus intensément. Comme Cendrillon il lui reste, en se réveillant, une paire de chausson.

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Als Andenken durfte Clara einen Teil ihrer Ausstattung, ein Paar Espandrillos, mit nach Hause nehmen, und traegt sie mit viel Stolz und Erinnerung an einen fuer sie sehr wichtigen Moment, der Teilnahme an einem solzial wichtigen Moment – Ostern.

Muchissimas gracias a Ricardo por su preciosa ayuda con las fotografias. www.spinozabrand.com

La Santa, c’est aussi le titre d’une nouvelle de Gabriel Garcia Marquez dans son recueil Doce cuentos peregrinos – une pensée particulière.

Gabriel Garcia Marquez ist vor wenigen Tagen von uns geschieden. Der kolumbianische Literatur-Nobelpreistraeger hinterlaesst ebenfalls Spuren mit dem Titel “die Heilige” – La Santa.

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25 avril 2014

Colombia – 2 – Un patrimoine culturel très colonial

1-10 avril 2014

Nous quittons la chaleur de la plaine pour grimper sur les premiers contreforts des Andes. Playa de Belen, 1400 m. Ouf, c’est bon de remettre un petit pull (avec une pensée toute particulière pour Flo, qui a enfin enlevé le sien). Nous déambulons paisiblement dans les jolies rues de ce village colonial niché dans les montagnes. Conquis par le charme paisible du lieu, nous resterons trois jours, hors du temps.

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Playa de Belen, das schoene colonialische Dorf hat uns so gut gefallen, dass wir 3 Tage geblieben sind.

Les alentours offrent des paysages d’érosion torturés 01042014-26où Tobias, Clara et Yan se lancent dans des parties de cache-cache endiablées.

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Neben dem Dorf, die wunderschoene Sandsteinerosionsformen von Los Estoraques, sind fuer die Kinder eine tolle Spielplatz.

En poursuivant vers le sud, la cordillère est semée d’une série de villages qui, comme Playa de Belen, entretiennent fièrement leur empreinte espagnole:

Giron, plus citadine, tout proche de Bucaramanga. Comme dans toute la Colombie, les salles de billard sont nombreuses et ne désemplissent pas.

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Barichara, au charme tranquille – ici tout est harmonieux, tout en douceur et en couleur. Probablement notre village préféré jusqu’ici. Et pour ajouter un peu de piquant, on grignote en apéritif de grosses fourmis grillées: croustillant, ça s’avale comme des cacahouètes.

06042014-42 06042014-40 Die saubere Strasse mit sher gepflegte Hause von Barichara

Villa de Leyva, sa place démesurée, son histoire de berceau de l’indépendance, et par dessus tout, sa pâtisserie française : le croissant aux amandes et la tarte aux citrons ont conquis nos papilles, le temps d’une petite pause très parisienne. 10042014-05  09042014-04
Die Hauptplatz von Villa de Leyva ist riesig.
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Von diesem Dorf werden wir uns am besten von der guten franzoesichen Baeckerei erinnern.

Le monastère de la Candelaria,11042014-10 où nous passons une nuit d’un calme absolu, avec la bénédiction des moines augustins qui gardent encore le lieu. Niché au fond d’un vallon isolé, il nous rappelle beaucoup la Grande Chartreuse, sauf qu’ici les agaves remplacent nos sapins alpins. Les moines ont décidemment l’art de trouver les beaux endroits.

Der Augustinkloster la Candelaria

Toute cette architecture léchée, aux murs blancs et toits de tuiles est très belle. Mais tellement espagnole. Nous avons du mal à nous dire qu’aujourd’hui les Colombiens sont fiers de ce passé colonial qui en quelques décennies a fait table rase de toutes les civilisations préexistantes. Au nom du Christ. Au nom surtout de l’or et de toutes les richesses. Que serait aujourd’hui ce continent si Colomb avait fait naufrage avant de toucher sa côte ?

Question existentielle bien inutile, qui ne trouvera jamais de réponse. L’Amérique latine est aujourd'hui ce qu’elle est, dans toute sa diversité. Les Colombiens se sont construits sur cette histoire. Et tous ceux que nous rencontrons sans exceptions - qu’ils soient descendants espagnols, métis (la très très grande majorité) ou indigènes - sont des gens adorables, d’une ouverture à l’autre dont nous avons tous des leçons à prendre.

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24 avril 2014

Les dangers de la Colombie – 10 gute Gruende, nicht nach Kolumbien zu fahren

Attention, la Colombie est un pays dangereux. Liste non exhaustive des principaux risques que nous courrons depuis un mois que nous voyageons dans ce pays – Kolumbien gehoert zu den gefaehrlichsten Laender der Welt, einige der groessten Gefahren seien hier gelistet:

10 - Devenir sourd … en écoutant la musique au même volume que les Colombiens.
Les Colombiens adorent la fête et la musique, et la font partager ; le week-end les décibels atteignent des sommets.

Ohrenbetaeubende Musik zu jeder Tageszeit, vor allem an der Karibikkueste. Die Leute feiern, tanzen, musizieren und pokern gerne.
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9 - Prendre des kilos … en buvant du café.
On a parfois du mal à retrouver le goût du café, pourtant très bon, tellement il est sucré. Pour les parents c’est sacrilège, les enfants adorent.

Uebergewicht vom vielen Nichtstun und allseitigem Kaffeetrinken. Tassen werden halb mit Kaffe und halb mit Zucker gefuellt. Ein Sakrileg, den weltbesten Kaffee so zu verschandeln.

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8 - Se prendre pour un trafiquant en transportant des millions …. de pesos.
Un euro vaut 2800 pesos, notre porte-monnaie est plein de billets de 50 000.

Sich fuer mehr und besser zu halten, als man tatsaechlich ist. Die Taschen sind millionenschwer beladen, aber eben nur mit Pesos. 1 Euro = 2800 Pesos, nicht schwer, eine Million bar dabei zu haben.

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7 - Faire une overdose … de fruits - Ici tout pousse en quantité, tout est délicieux, des mangues aux pêches en passant par les ananas, les avocats et les kumquats, sans oublier les bananes, les tomates, les tomates d’arbre.
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An einer Ueberdosis exotischer Frueche draufzugehen, guenstiger als jedes haluzinierendes Kraut. Diverse Mangosorten, Aepfel, diverse Ananassorten, Weintrauben, Baumtomaten, Birnen, Guanabas, Kumquat, Sternfruechte … alle nur vorstellbaren und nicht vorstellbaren Fruechte sind zeitgleich reif.

6 - Se faire arrêter trois fois par semaine par la police … curieuse de nous voir ainsi voyager en famille et toujours extrêmement prévenante.
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Von der Polizei aufgehalten zu werden. Die haben immer grossen Spass mit Auslaender zu schwetzen, ihnen den Weg zu zeigen, nach dem Wohlbefinden zu fragen, von Papieren oder Versicherungsnachweis will niemand was wissen, von Korruption keine Spur.

5 - Au volant, risquer un accident de la route … en cherchant à répondre à tous les grands saluts amicaux des gens qui nous doublent et nous croisent.

Am Steuer den zahlreichen ermunternden Zurufen zu erwiedern und somit einen Unfall herbeizufuehren.

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4 – Risquer une explosion … de l’estomac à chaque repas.
Les portions sont tellement énormes (et toujours bonnes) que nous n’en commandons maintenant plus que deux pour nous 5. Et encore, on repart souvent avec les restes.
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Implosion oder Explosion?  wenns einem nach so einer Kinderportion wiedereinmal die Wampe zerreisst. Zu fuenft bestellen wir im Regelfall 2 Portionen, und haben davon noch ausreichend fuer ein Abendessen.

3 – Ne jamais pouvoir s’arrêter en paix sans que le Tioga soit pris d’assaut … par des Colombiens curieux de visiter notre “casa rotante” et toujours aux petits soins pour s’assurer que nous ne manquons de rien. Pas un jour sans qu’on nous offre des chocolats, du café, et même une caisse de 20 kg de tomates !

Stellplatz heisst offenes Museum, wir koennten uns die Reise mit Tioga-Eintrittspreis-Besichtigung verdienen, hunderte von Kolumbianer sind um eine Welterfahrung einer echten Wohnmobilbesichtigung bereichert. Wo auch immer wir anhalten oder naechigen stuermen sie uns mit ihren herzlichen Hoeflichkeit und bitten um Photos und Besichtigung.
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2 – Baisser sa garde un instant …. et se retrouver surpris devant un nouveau paysage extraordinaire, encore différent de tous les précédents.
La diversité est ici incroyable est l’on passe dans la journée des plaines tropicales aux plantes éparses du paramo d’altitude (4000m) en passant par les pentes couvertes de café.

Vorsicht vor neuen Landschaften, von denen man weder getraeumt noch in den schoensten Zeitschriften gelesen haette. Ein unvorstellbar schoenes und abwechslungsreiches Land.

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1 – Etre pris en otage … par une famille adorablement accueillante et par le charme du pays.
Nous n’avançons que très lentement à travers le pays, car à chaque arrêt nous avons beaucoup de mal à repartir.
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Geisselnahme, die groesste Gefahr ueberhaupt … am besten von einer der netten Familien, die mit uns Fremden ihre Zeit, Mahlzeit und suessen Kaffee teilen.

Et oui, nous vérifions tous les jours le slogan que l’agence touristique nationale martèle pour tenter de faire tout doucement changer l’image de ce pays fabuleux : “Le seul risque en Colombie, c’est d’avoir envie d’y rester “ !

Warnung: faehrt da ja nicht hin, absolute Lebensgefahr, alles voll mit Gaunern und Taugenichts, kauft den kolumbianischen Kaffe ja nicht, das ganze Geld geht in die Kasse der Drogenkartele und korrupten Regierung. Bleibt da, wo es am schoensten ist … zuhause oder sonst wo auf sicherer Lauer, denn ab Herbst hebt die europaeische Union die Visapflicht fuer Kolumbianer auf. Dann kommen die alle in unser Land und nehmen uns die Arbeit weg, und die Frauen, und die Kinder werden sowieso alle verschleppt … wahrscheinlich landen die alle irgendwo in Hinterkolumbien, werden ausgebildet in Sachen wie Naechstenliebe, Hilfsbereitschaft, Menschenwuerde, Hoeflichkeit, Lebensfreude, Offenheit und Fremdenliebe. Bienvenidos a Colombia! Kommt und seht selber. Die Hauptgefahr Kolumbiens ist, bleiben zu wollen.

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21 avril 2014

OSTERGRUESSE

Ostereiersuchen einmal ganz anders, nachdem dies in Kolumbien kein verbreiterter Brauch ist, suchen wir halt, was es zu finden gibt.

La tradition des œufs de Pâques n’existe pas en Colombie. Qu’à cela ne tienne, nous trouvons dans prés bien d’autres surprises colorées.

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Frohe Ostern!

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Joyeuses Paques!

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Feliz Pasquas!

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Ganz liebe Ostergruesse an alle, den Osterhasen kennt hier vor Ort auch niemand, aber die Leute amuesieren sich auf ihre Art und Weise und Feiern diese Tage mit Prozessionen, Festtagsessen, Fiesta und Ferien.

Si les cloches n’amènent pas de chocolats en Colombie, , La Semaine Sainte s’écrit ici en majuscules ; festivités et processions s’enchaînent pendant 7 jours. Nous tâcherons de faire vite pour vous montrer tout cela. En attendant,   Joyeuses fêtes de Pâques à tous, et un grand merci pour tous vos messages d’encouragements et de nouvelles.

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18 avril 2014

Kolumbien – wir fuehlen uns so richtig wohl hier!

  Les photos sont légendées en français.

Mehr Bilder findet ihr in dem lezten Artikle “Que Chevere Columbia”

Irgendwann nach 11 Tagen Wartezeit aufgrund der Verschiffung von Panama nach Kolumbien, trotz tatkraeftiger Unterstuetzung einer Agentin, unzaehligen Papieren, Unterschriften, Photokopien, verlorenen Nerven und Haaren (wieder einige weniger) duerfen wir das erste Mal zum Tioga persoenlich vorstossen. Irgendwo im staubigen, glutheissen Hafen von Cartagena steht er, wohl erhalten, unaufgebrochen, ohne Schrammen oder fehlende Teile. Alle Geschichten ueber Diebstahl und Beschaedigung in und am Auto vor, waehrend und nach dem Frachtschifftransport von Panama nach Kolumbien haben sich zum Glueck nicht bewaehrt – Gracias a Dios, Gott sei Dank, ein Spruch den man auch in Kolumbien in jedem dritten Satz hoert, ein praktischer Hinweis fuer die tatsaechliche Tiefglaeubigkeit vieler Kolumbianer. Dass dieser Streckenabschnitt zu einer sauteuren Angelegenheit wuerde, war uns vor Reiseantritt wohlbekannt, wir sind jetzt aber heilfroh, diese Huerde bewaeltigt zu haben und freuen uns auf den Besuch in Kolumbien, dem Land, von dem alle Reisenden schwaermen, dem Land, von dem in Medien und Sicherheitskuratorien nach wie vor abgeraten wird.

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Es vergeht kein Tag, wo sich nicht Besuchertrauben um den Tioga und uns bilden. So ein Wohnmmobil haben viele noch nie gesehen, und wenn, dann nur in Filmen!
Pas un jour sans que le Tioga ne se remplisse de visiteurs Colombiens, curieux – la majorité n’a jamais vu de camping-car – et tous aussi adorables les uns que les autres.

Cartagena gehoert zu den schoensten Altstaedten aus der Spanierzeit, dementsprechend viele Besucher zieht der tatsaechlich magisch schoene, gut erhaltene und gut renovierte Altstadtkern an, der durch eine voellig intakte Altstadtmauer nach aussen hin abgeschotet ist. Die neue Stadt herum besteht aus unzaehligen Hochhaeusern, die Bueros oder Hotels bzw. Wohnungen sind, Maerkten und Hafenanlagen. Wir sind nach der langen, aufreibenden Warterei aber heil froh, trotz aller Schoenheit, die Stadt verlassen zu koennen und wieder unseren eigenen Rhythmus, an den wir uns mittlerweile so sehr gewoehnt haben, leben zu koennen.

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  Bei Tag oder bei Nacht, Cartagena bietet staendig fuer alle etwas, Architektur, Kunst, Gastronomie … oder coole Strassenanimation, so wie die Kolumbianer eben sind.
Cartagena de Indias (et oui, Colomb croyait avoir découvert l’Inde), ville d’histoire à la belle architecture coloniale, mais ville d’animation, d’art et de culture aussi.

Sobald man die Stadt verlaesst steht man in nullkommanichts im sehr wenig besiedelten Hinterland. Savanne, Hitze, Trockenheit und nur wenig touristische Ziele, dafuer aber ganz viele freundliche, hoefliche und neugierige Leute, die ein Wohnmobil wie den Tioga im ganzen Leben noch nie gesehen haben. Erst seit circa 10 Jahren hat sich landesweit die Sicherheitssituation soweit stabilisiert, dass Individualtouristen im eigenen Fahrzeug frei im Land umherreisen koennen, selbst wenn das Land heute noch in eine sogenannte „grüne Zone“ bzw. „rote Zone“ eingeteilt wird. Um sich nicht unnoetig zu beflecken wird empfohlen bzw. tatkraeftig davon abgehalten, die rote Zone nicht zu betreten. In erster Linie sind dies weit entfernte, schwer zugaengliche Wald- und Bergregionen, wo sich noch immer drogengeldfinanzierte Guerillagruppen aufhalten. Keine Sorge, diese Art von Ausflug und Bekanntschaft mit den ungepflegten Typen sparen wir uns. Es muss euch bewusst sein, dass auch die Einheimischen, die ganz normalen Kolumbianer, von diesen Guerillatruppen Abstand halten und ihren Frieden haben wollen. Dies gelingt mit einer aufrechteren Regierung, einem ordentlichen Militaer und ausreichender Polizeipraesenz zunehmend.

  

Ein Vollbad der ganz besonderen Art ladet unter klarem Sternenhimmel zum Schlammbad – so ausgiebig haben wir schon lange nicht mehr gelacht. Rabenschwarze Nacht, rabenschwarzer, lauwarmer Vulkanschlamm, der von Zeit zu Zeit Blasen wirft. Der Schlamm hat so eine Dichte, dass selbst Tobias ohne Schwimmfluegerl aufgetrieben wird. Zum Glueck hats gleich nebenan einen See, wo man den ganzen Dreck wieder los wird.

  DSC_0165 Na so ane Saubatln!
Bain de boue dans le cratère du Volcan Totumo; heureusement, il y a un lac juste derrière pour se rincer !

10 000 Watt Boxen, voll aufgedreht, auf 5 Kilometer Distanz hoert sich die Musik (die Musik ist ehrlich gesagt vom allerfeinsten, so wie in der Dschibo Werbung von kolumbianischem Kaffee) bestimmt gut an, unvorstellbar wie es die Einheimischen auf 5 Meter aushalten, und dazu noch miteinander kommunizieren koennen? Wochenenden sind besonders gefuerchtet, die Nacht wird zum Tag, zumindest in den Bars, der Tag bleibt Tag fuer alle Restaurants – Musik jederzeit, in einer ohrenzerstoerenden Lautstaerke, zum Glueck gibt’s abgeschiedene Plaetze wie die Finca „Los Angeles“ in der Naehe des vielbesuchten und gelobten Nationalparks Tayrona, wo sich die schoensten Karibikstraende Kolumbiens befinden. Zudem ist dieser Park eine ethnisch geschuetzte Zone, wo die urspruenglichen Indianerstaemme mit ihren eigenen Braeuchen, Sprache und Kultur leben.

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Bei Bedarf einfach anfragen, wo dieser einmalige Platz liegt, fuer Geniesser und Wildcampierer kostenlos. 
Plage de rêve sur la côte caraïbe, près du parc Tayrona ; si la mer est trop agitée pour vous, profitez de la lagune d’eau douce.

Jeder spricht vom kleinen Bergdorf Minca in der Sierra Nevada de Santa Marta (einzigartige Kuestenbergregion mit einer Hoehendifferens von knapp 6000 Meter in der Gipfelregion auf 0 Meter am Karibikantlantik auf einer Distanz von 50 Kilometern), aber niemand kann beschreiben, was da oben so besonders sein soll. In der Nacht geht schon einmal die Temperatur von ueber 30 Grad auf vernuenftige, seit langem unbekannte und vermisste 20 Grad runter, was natuerlich erhohlende und durchgeschlafene Naechte bedeutet. Wir stehen am kleinen Kirchplatz, umgeben von einem kleinen Kaffeehaus (sehr guter aber hoellisch gezuckerter Kaffee, Tobias schmeckt dies sehr), einem einfachen Spielplatz (wo sich die Kinder schnell neue Freunde machen) und wenigen Restaurants oder Unterkuenften. Guter Ausgangsplatz, wo man tagsueber das Fahrzeug sorgenlos unbeaufsichtigt lassen kann, um kleine Wanderungen rund ums Dorf zu machen. Wasserfaelle, Badegumpen, Voegelbeobachtungen, oder einfach nur mit den Einheimischen tratschen. Nichts leichter als das, denn sie sind nicht nur an unserem Fahrzeug sondern auch an uns als Person interessiert und so werden aus einem schnellen Strassengespraech schnell ausgiebige Diskussionsrunden, die sich ueber Stunden ziehen. Schoen, so ohne Zeitdruck dahinvegetieren zu koennen, sich den angenehmen Dingen zu widmen und der Seele freien Lauf zu lassen. Eine Indianer-Schamanin kuemmert sich in mehreren Einheiten um meine Ischiasnerventzuendung, ohne dabei vollen Erfolg zu haben, geholfen hat’s aber trotzdem, diese Dame mit ihren von alt her ueberlieferten Heilkuensten, einer Mischung aus Kraeutern, Massage und Psychologie, strahlt sehr positive Energie aus.

 DSC_0442 DSC_1000 Minca, das Dorf der gelungenen Gegensaetze: Wochenendtrubel an den Badegumpen und herrlicher Blick auf die welthoechsten Kuestenberge der Sierra Nevada de Santa Marta. 
Minca, village de la Sierra Nevada de Santa Marta: en fin de semaine les citadins de la côte toute proche se pressent pour chercher la fraîcheur des cascades au pied des sommets enneigés.

Der Weg von der noerdlichen Karibikkueste bis in die erste durchgehende Kordillere, dem Beginn der suedamerikanischen Anden, fuehrt durch heisses Tiefland, wo es seit Oktober keinen Tropfen Wasser mehr geregnet hat. Sehnsuechtig warten die Bauern auf die zoegernd ankommende Regenzeit. Auch in Kolumbien ist der weltweite Klimawandel spuerbar. Untypisch lange anhaltende Trockenzeiten im Landesteil Antioquia (Naehe Medellin) und vertrocknete Urwaldstroeme im Amazonas sind nicht Anzeichen genug um zB Erdoelbohrungen im noerdlichen Guajira, in der Naehe von Venezuela, die ganze Landstriche entwaessern, einzustellen. So wie auch in Mittelamerika wird in Kolumbien viel Wald fuer Rinderwirtschaft oder allgemeine Landwirtschaft gerodet. Fehlende Vegetation bedeutet fehlende Wasserspeicher, offene Landflaechen sind der gnadenlosen Sonne eher ausgeliefert als bedeckte Flaechen. Jeder versucht im harten Uerlebenskampf zu bestehen, man kann es den Leuten bei Gott nicht uebelnehmen, jeder wuerde aehnlich handeln.

DSC_2411Einer der zahlreichen Fruechtestaende am Wegesrand, oft kommen die Verkaeufer auch direkt ans Auto, um die fuer uns exotischsten Fruechte in voller Reife und sehr kostenguenstig anzubieten. 
Les stands de bord de route débordent de fruits délicieux; souvent il n’y a même pas besoin de descendre de voiture, les vendeurs nous les passent par la fenêtre !

Trotz des weiten Weges durch die Tiefebene faehrt man immer wieder an sehr brauchbaren Doerfern vorbei. Die Einen verkaufen ausschliesslich Mangos (die hervorragend schmecken, speziell die mangos de azucar), die Anderen eher nur Bananen, andere wiederum nur Schmugglerbenzin (parallel gibt’s auch Ecopetrol zu erstehen) aus dem kriesengeschuettelten Venezuela (wo der Benzin bald guenstiger ist als Wasser). Die Landstrassen sind im Regelfall mautpflichtig aber gut befahrbar, es wird intensiv am Ausbau des Strassennetzes gearbeitet. Der Slogan der Regierung ist klar und deutlich: Wir machen aus Kolumbien ein modernes Land! Und gute Strassen gehoeren da zumindest dazu.

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Seit Tagen ist kein westlicher Tourist mehr zu sehen, und schon gar nicht im nicht ganz geklaerten Naturpark “los Estoraques”, wo sich Grundeigentuemer und Regierung ueber die Anerkennung eines Naturschutzreservats nicht einigen koennen. 
A côté de la Playa de Belen, à Los Estoraques, un parc naturel au paysage sauvage idéal pour une balade, nous sommes les seuls touristes et choyés comme tels.

„La Playa de Belen“ ist keine gewoehnliche playa, sondern eines der 16 auf nationalen Rang erhobenen und gekuerten Kulturdoerfer. Anscheinend schaffen es nur ganz wenige Autoreisende bis in dieses Bergdorf auf 1500 Meter, denn alle Leute des Dorfes erinnern sich noch an das schweizer Paar im vergangenen Dezember bzw. Englaender vergangene Woche, hier ist man als Tourist ein absoluter Exot, was wir sehr schaetzen. Neben einem sehr gepflegten Dorfbild mit wenig touristischer Infrastruktur wartet vor allem das Hinterland mit wilden Sandsteinerosionsformen auf, die sich hervorragend zum Versteckenspielen eignen. Kein Tourist weit und breit, und Fahrzeuge wie den Tioga hat man hier noch ueberhaupt nie gesehen, dementsprechend hoch ist der Antrang von Jung bis Alt, alle sind stolz, so ein Gefaehrt betreten zu duerfen. „la casa es pequeña, pero el corazon es grande“. Es wird fleissig fotografiert und diskutiert, viele hoechstintelligente Fragen trudeln auf uns ein. Wie das mit dem Strom und Wasser funktioniert, wo die Energie zum Kochen herkommt, die Schule fuer die Kinder … noch nie sind Fragen so detailiert und nachhaltig gestellt worden, wir schaetzen dies sehr und antworten gerne so ausfuehrlich wie moeglich, soweit es unser Spanisch erlaubt, aber bis jetzt waren immer noch alle Leute sehr nachsichtig, wenns einmal wieder nicht ganz so 100prozentig klingt. Auch dies ist eine Reiseerfahrung der Toleranz und Anerkennung fuer sich, die Leute nehmen sich die Zeit zuzuhoeren, uns nachdenken und reden zu lassen. Dies waere ein Ort, unter der Voraussetzung den passenden Job zu haben, an dem man es gut und gerne fuer laengere Zeit aushalten koennte.

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Weit entfernt von groesseren Staedten, unbekannt unter den Kolumbianern, geschweige denn von westlichen Touristen, liegt “la playa de Belen” in der oestlichen Kordillere, knapp vor der Grenze zu Venezuela.
Proche de la frontière vénézuellienne,  se cache le  village confidentiel de La Playa de Belen, une petite perle nichée dans la cordillère Est. Nous y avons passé trois journées hors du temps.

Vor 10 Jahren war das Dorf selber und die umliegenden Berge brandheisse Gegend, die von den Rebellen kontrolliert wurde. Zum Glueck hat das Militaer auch in dieser Region fuer Ordnung gesorgt und die restlichen Guerilleros zogen sich in die hohen Bergregionen zurueck. Wenn auch immer noch praesent, stellen sie im Moment keine Gefahr fuer die Dorfbewohner oder Besucher dar. Diese noch sehr frische Geschichte laesst auf absolute Abwesenheit auslaendischer Investoren schliessen. Etwas neues Blut wuerde dem Dorf bestimmt gut tun, denn es laufen nicht nur Dorfschoenheiten herum, wir werden aber von allen herzlich aufgenommen und hinten am Fussballplatz steht fuer Autoreisende ein grosser Stellplatz bereit, an dem jeder, so lange er moechte, gerne stehenbleiben darf. Regelmaessig kommen die Dorfbewohner vorbei, erkundigen sich nach unserem Wohlbefinden, und der Spielplatz mit der Turnhalle sorgen fuer viel Bewegung, die Kinder haben somit staendigen Kontakt mit einheimischen Kindern und bauen dabei ihre Spanischkenntnisse taeglich aus.

  DSC_2476                                                     Ob ihnen bewusst ist, was auf den Werbetafeln oben steht? Chicamocha. 
                                                       A la Mesa de Los Santos on peut boire une bière dans un Biergarten à la bavaroise.

Einer der nach aussen hin angepriesenen Hoehepunkte Kolumbiens ist der Nationalpark Chicamocha, wo am Werbeplaktat eine riesige Schluchtenlandschaft gezeigt wird. Nationalpark bedeutet fuer uns so etwas wie Naturschutzgebiet, vor Ort schaut die Sache aber total anders aus. Seilbahnanlagen, Restaurants, Quadrundfahrten, Schwimmbecken, Vergnuegungsparks, Konsum Konsum Konsum, von Naturschutz keine Spur, dafuer aber eine tatsaechlich sehr schoene Landschaft, wo sich der Fluss Chicamocha seinen Weg durch die Bergtaeler sucht. Auf der Suche nach einem kleinen Klettergebiet, die Info dazu gab uns ein junger kolumbienbegeisterter Amerikaner, nimmt uns eine Familie sehr schnell und unkompliziert fuer zwei Tage, waeren wir nicht gefahren so wuerden wir wahrscheinlich noch immer bei ihnen sein, so nett sind die, zu sich nach Hause auf. Sie bekochen uns, zeigen uns die naehere Umgebung, ihren im Aufbau befindlichen Bauernhof am anderen Ende des Hochplateaus la mesa de los Santos, auf den sie sehr stolz sind und der ihr definitives zuhause sein wird.

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  Einfach, dafuer aber um so herzlicher gehts auf der Finca unserer Gastgeber von der “mesa de los Santos” zu. 
La famille qui nous accueille si généreusement à la Mesa de Los Santos nous emmène visiter la finca – leur ferme/plantation d’où viennent les avocats, goyaves, papayes dont nous nous régalons pendant deux jours.

Von den unzaehligen Sehenswuerdigkeiten, die an den Hauptverkehrsverbindungen alle schoen brav mit braunen Informationstafeln angeschrieben sind, sollte niemand das wirklich hervorragende Bergdorf „Barichara“ vermissen. Angeblich das schoenste Kolonialdorf Kolumbiens, was wir bis jetzt gerne bestaetigen. Weiss gefaerbte Hausmauern, gruene Fensterlaeden und Tuerrahmen, rotbraune Kanalziegeln, und dies nicht nur im Dorfkern sondern im ganzen Dorf, vom ersten bis zum letzten Haus. So wie bis auf wenige Ausnahmen gibt es auch hier kostenlose Uebernachtungsplaetze, wo sich Kontakte und Gespraeche mit den Einheimischen von selber ergeben, selbst wenn nur wenige Touristen herumspazieren. Ein ganz toller Wanderweg fuehrt zum Nachbardorf Guane, einem verschlafenen Nest im Suareztal, zum Glueck gibt’s einen oeffentlichen Bus, der uns wieder nach Barichara zurueckbringt, denn die Hitze erschwert die Marschiererei erheblich.

  DSC_2860 DSC_0160 Barichara, ein ruhiges Kuenstlerdorf, in dem es sich laenger als nur wenige Tage verweilen liesse. Tierbeobachtungen, so wie dieser schoene Motmot, am Weg nach Guane.
A Barrichara, un magnifique village colonial, on prend autant plaisir à déambuler dans les rues pavées qu’à observer les oiseaux, comme cette espèce de motmot que nous ne connaissions pas encore – c’est Tobias qui l’a découvert.

Von all den doch unterschiedlichen Kolonialdoerfern haetten wir das allseits hochgeschaetzte Villa de Leyva locker auslassen koennen, oder vielleicht doch nicht, denn die franzoesische Baeckerei von Patrice ist alleine den Umweg wert. Wie zu Hause, logisch, der Baecker ist ja auch von zu Hause, schmecken Mandelkipferl und Landbrot 1:1 perfekt gleich, nur beim Baguette muss noch etwas gefeilt werden. Es gibt immer was zum Aussetzen werdet ihr euch denken.

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Zum Glueck gibts in Villa de Leyva die franzoesische Baeckerei, fuer die baguette- und croissantverwoehnten Tourist aus Savoyen, denn mit dem Stoeckelschuhwettkampfgelaende kommen wir Bergsteiger nur schlecht zurecht, und unser Tioga schon gar nicht. 
De Villa de Leyva, un autre beau village colonial aux rues pavées (ou en cours de pavage), ce qu’on retiendra peut-être le plus c’est la tarte au citron et le croissant aux amandes de l’excellente pâtisserie française.

Am aeltesten Augustinerkloster von ganz Suedamerika, das um 1604 erbaut wurde, kann jeder auf seine Art Energie auftanken. Wenige aber sehr herzliche Moenche empfangen uns und ermoeglichen eine der ruhigsten und auch kuehlsten Naechte seit langem. Immerhin steigt seit einigen Tagen der Hoehenmesser stetig an, das Kloster liegt bereits auf 2200 Metern, was aber nur ein Beginn der anstehenden Andenzeit sein soll. Nach den langen, warmen und oft schlecht geschlafenen Naechten in Zentralamerika sind die kuehlen Naechte in den Bergen Kolumbiens absolut willkommen.

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In bester Lage empfangen die freundlichen Augustinermoenche ihre Besucher und kuemmern sich um das seelische und medizinische Wohl der Gemeindemitglieder. 
Nuit d’un calme monastique, balade enchanteresse sur le chemin de croix, le monastère de la Candelaria nous fait profiter de tous ses atouts.

Willkommen sind auch wir als Touristen, unser Fahrzeug, selbst wenn wir bei weitem nicht die einzigen Wohnmobilreisenden sind, wird ofteinmal als erstmalig gesichtetes und besuchtes Fahrzeug beschrieben. Von casa rotante, ueber casa volante, oder casa ambulante bis casa flotante und weiss sonst noch was, gehoert dieses amerikanische Wohnmobil zu den vielleicht meist fotografiertesten fahrbaren Untersaetzen weit und breit. Wir geniessen die Gastfreundschaft, Neugierde, Offenheit und Herzlichkeit der Kolumbianer. Es mag stimmen, dass bis noch vor 10 Jahren Individualreisen aus Sicherheitsgruenden so gut wie unmoeglich waren, nur hat sich die Lage zum Glueck radikal geaendert, fuer die Einheimischen, und fuer die Touristen, wir geniessen jeden Moment in diesem wunderbaren Land und koennen uns nur ueber jeden Tag freuen. So schnell werden sie uns nicht los!

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15 avril 2014

Que chevere* Columbia ! 1 – El norte

* Prononcez “Qué chévré” : expression dans la bouche de tous les Combiens pour exprimer leur enthousiasme.

16 – 31 / 03 / 2014

Fotos auf Deutsch untertitelt.

Nos premières semaines en Colombie sont un pur plaisir. Partout nous ne faisons que de belles rencontres, tout nous plaît, nous nous sentons bien. Retour sur la partie Nord de ce pays qui nous enchante tellement, et où du coup nous passons partout plus de temps que prévu.

A Carthagène, même si l’attente autour de la sortie véhicule n’est pas particulièrement plaisante (voir article précédent), nous apprécions la ville et son ambiance. C’est le plus bel exemple de ville coloniale que nous ayons vu, avec partout de belles façades colorées aux balcons ajourés et fleuris. Enfin, pour la partie ancienne de la ville, qui côtoie une partie moderne aux grands immeubles.
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Carthagena bietet allen etwas: wunderschoene Altstadt, moderne Hochhaeusern, Alte Burgen und Kloester, belebte Maerkte und Strassen

Si le centre historique est assez huppé, le quartier de Getsemani où nous logeons est très populaire et très animé.
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Die “Kunst” ist es, in der Warteschlange zur Bank nicht der letzte zu sein, ausgefuellte Tage sind garantiert.

Nous retrouvons après quelques jours Mireya et Alex avec Mathieu et Nicolas, qui ont comme nous réussi leur traversée depuis Panama. Clara et Tobias les accaparent avec bonheur et se réjouissent même DSC_0275des visites de musées si c’est avec eux: petit musée de la culture Zenu et palais de l’inquisition, avec tout son lot d’objets de torture gentiment importés d’Espagne au XVIe siècle.

Nous profitons aussi du Festival international de ciné qui a lieu justement cette semaine, une sorte de Cannes sud-américain : ce qui plaît par-dessus tout aux enfants ce sont les projections en plein air avec pop-corn à volonté !  
Filmfestival in Carthagena bedeutet fuer die Kinder, aber nicht nur, Popcorn und freie Getraenke.

L’ambiance “pirate” leur plaît aussi : la ville a une longue histoire en la matière – elle a été pillée et détruite plusieurs fois par des pirates célèbles-, ce qui motive Yan pour se plonger dans des lectures classiques sur le thème: l’Ile aux trésors, Robinson Crusoe (vive la liseuse, Cloé, c’est un investissement rentable !!!).

Enfin, nous récupérons notre Tioga et pouvons quitter la ville. C’est un plaisir de retrouver notre petite maison et notre petite routine de voyage. Notre première étape ne nous emmène pas très loin au nord de Carthagène, au curieux Volcan Totumo.
Pour un volcan, ça c’est un volcan !! Haut à peine  d’une dizaine de mètres, le cône paraît presque ridicule mais abrite une activité très particulière: il est plein d’une boue épaisse, tellement dense qu’on flotte à la surface. Le bain est très rigolo : on descend par une échelle à l’intérieur du cratère et on essaie de s’immerger : impossible, c’est pire qu’à la mer Morte ! Sauf qu’ici en plus ça macule…

  DSC_0102    DSC_0061DSC_0153  Schlammbad, wem die blonden Haare gehoeren?DSC_0186    DSC_0193
Familienphoto mit Reisenden aus Frankreich, Spanien und Belgien. Alex, der charmanteste Belgier aller Zeiten.
Là on est à nouveau tout propres, c’est plus sympa pour se faire de grandes accolades d’au-revoir: eh oui, nous quittons définitivement Mireya et Alex ainsi que Mathieu et Nicolas, qui vont partir vers le sud beaucoup plus vite que nous – les premiers ont rendez-vous au brézil au mois de juin pour une certaine coupe du monde, les seconds doivent dans un premier temps être à Bogota dans trois jours (il nous faudra plus d’un mois). Merci pour tous ces bons moments passés. Psst, eh les garçons, depuis qu’on vous a quittés on voit des 4L partout !!

Nous poursuivons donc seuls notre chemin le long de la côte Caraïbe. A Puerto Colombia nous vérifions que le vent n’est toujours pas tombé depuis notre traversée en bateau: décidemment la mer Caraïbe est bien agitée. Nous découvrons aussi le goût immmmodérés des Colombiens pour la musique à plein volume – le samedi soir c’est une mauvaise idée de stationner trop prêt d’un bar ou d’une plage fréquentée. Pour rester dans le chapitre musique, l’arrêt à Barranquilla s’imposait, depuis le temps que Clara et son papa nous parlaient de la statue de Shakira.

Was gibts in Barranquilla fuer junge Maedchen zu sehen? Sonnenklar, die beruehmte Shakira-Statue, da es der Geburtsort des Superstars ist (Waka Waka – Suedafrika 2010 sagt euch bestimmt was, ansonsten googeln).

DSC_0266  DSC_0307DSC_0373 Cienaga, une grande lagune battue par le vent; les pêcheurs de crevettes habitent des maisons sur pilotis.

Même s’il y a du vent, sur la côte il fait terriblement chaud. Nous rêvons d’un peu P1070391d’air frais (enfin, surtout Carine). Nous montons donc sur les premières hauteurs que nous trouvons, jusqu’au petit village de Minca, sur les contreforts de la Sierra Navada de Santa Martha. C’est la région de plusieurs groupes d’indiens descendants de la civilisation Tayrona, dont les Arouhaco et les Kogis, toujours habillés de leur tunique blanche (pour ceux qui ont lu Eric Julien). Dès le premier soir Andreas se retrouve chez Rosa, une chamane qui va lui soigner le dos. Comme il lui faut plusieurs séances espacées, nous restons 5 jours installés sur la petite place de l’église, le seul lieu à peu près plat du village. Petit à petit, nous voyons défiler dans le Tioga la moitié des habitants, et autant de touristes de passage, tous curieux de notre “maison roulante” - ça n’existe pour ainsi dire pas en Colombie. Mais ce qui est extraordinaire c’est que ce n’est jamais pesant, notre intimité est toujours préservée.
Nous découvrons progressivement toute la richesse de la Sierra Nevada de Santa Martha: nulle part ailleurs dans le monde on n’est si près à la fois des cimes enneigées à presque 6000 m et de la mer. La biodiversité est du coup incroyable. Du voyons ici rassemblés presque tous les oiseaux qu’on a observés au fur et à mesure les mois passés, plus une quantité de nouveaux – la réserve El Dorado, où nous faisons une belle randonnée, est une des Mecque de l’ornithologie.

Nirgendswo als in Minca ist man schneebedeckten Gipfel auf fast 6000 m und dem Antlantik so nahe. Diese einmalige Lage haben auch sehr viele besondere Zug-Voegel erkannt und erheben die Region zu den biotopreichsten Regionen der Welt.
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Les nids d’oropendolas ressemblent à de grands sacs tissés ; à droite l’oiseau sort de son nid.
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Une variété énorme de papillons, dont l’incroyable “98”.
DSC_0700   Des ruisseaux et des cascades pour se rafraîchir, des amis d’une heure pour ne pas voir passer le temps. t

Après trois séances entre les mains de Rosa, le dos d’Andreas va nettement mieux. Nous redescendons de la sierra vers la côte, pour un dernier arrêt au bord de la mer. Le camping de Los Angeles nous comble en terme de paysages, de baignade et de belles rencontres. Ici les montagnes de la sierra Santa Martha viennent mourir dans la mer, et si les courants sont un peu trop fort pour s’y baigner tranquillement une belle lagune d’eau douce fait une merveilleuse piscine naturelle.

Die letzten Eindruecke aus der Karibik, wo sich Tobias in den Armen des netten José und Yan in den Armen von Carine so richtig wohl fuehlt. Los Angeles, ein Platz an der Karibik, wo man den Engeln nah ist.

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Mais si le lieu nous plaît autant, c’est aussi pour les gens qui partagent avec nous le camping : Michel, baroudeur québéquois ; Cameron, américain atypique, grimpeur et hispanophone, que nous retrouverons avec son amie colombienne deux semaines plus tard sur un site d’escalade q’il nous a conseillé ; et puis surtout Jose, Colombien qui vit à cheval entre la Suisse et la Colombie, maîtrise parfaitement les langues et les cultures et prend le temps de découvrir son pays dans une petite camionnette aménagée ; très intéressant et très attachant. On n’a pas envie de partir.

Et pourtant. Cette fois nous quittons définitivement la côte caraïbe : Yan revend son surf, et cap au sud, allons chercher un peu de fraîcheur !

En descendant vers le Sud, dans la chaleur de la plaine, c’est enfin la saison des mangues !! Depuis le temps que nous en rêvions, toute la famille sans exception se gave de fruits juteux et tellement sucrés qu’ils en deviennent presque écœurants…. enfin, au bout du 3 ou 4e d’affilé !

Entre deux cures de fruits nous passons par le petit village d’Aracateca, où vivaient les grands-parents de Gabriel Garcia Marquez. C’est cette petite bourgade endormie qui a inspiré au grand écrivain colombien l’intemporel Macondo, siège de son livre Cent ans de solitude. La maison a été transformée en petit musée. L’intemporalité du lieu, écrasé de chaleur comme dans mes souvenirs de lecture, me donne envie de relire cet auteur – si j’y arrive en version originale cette fois. Est-ce d’ailleurs son influence, je me suis laissée aller dans cet article, j’espère que vous êtes arrivés jusque là…

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Nous poursuivons donc doucement notre route vers le sud. Très doucement à vrai dire car il y a tellement de beaux endroits où s’arrêter en Colombie, et partout des gens qui nous retiennent et avec qui nous aimerions rester. Mais la famille à qui nous allons revendre le Tioga nous attend à la Paz fin juillet, nous devons malgré tout avancer. La nuit, depuis quelques temps, on observe simultanément l’étoile polaire et la Croix du Sud ; c’est un signe ; nous ne sommes plus qu’à 8° de latitude nord….

Profitez bien du printemps qui s’installe, nous allons (enfin ?) quitter la chaleur pour attaquer les contreforts des Andes.

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08 avril 2014

Le Darien gap, ou la Panaméricaine interrompue

Désolée pour le bug, cet article a été en ligne, puis a disparu... le revoilà.

11 – 16 mars 2014

Darunter sind ein paar Extrapotos von unserem tollen Segelturn.

Depuis la Californie, nous suivons plus ou moins la route Panaméricaine.

Quand tout va bien elle ressemble à ça :                                         Assez souvent c’est plutôt ça :       
     perfekter Strassenabschnitt der Panamericana                                                                              aber ofteinmal schaut’s eher so aus
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Et même régulièrement ça :  Baustellen soweit das Auge reicht
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Mais au sud du Panama, plus rien: la Panaméricaine se perd dans la forêt profonde du Darien (forêt très dense et très marécageuse); Impossible de rejoindre la Colombie en véhicule, la route s’interrompt totalement sur quelques centaines de kilomètres. Pour des raisons géopolitiques, autant géo que politiques. C’est ce qu’on appelle le “Darien gap”.

Pour nous le premier tronçon de notre périple panaméricain se termine donc ainsi – Verschraubung der Trennwand um den Durchgang vom Fahrerraum in den Wohnraum waehrend der Verladezeit zu unterbinden (um moeglichen Diebstaehlen vorzubeugen), da der Tioga in keinen Container reinpasst. Verladung also RoRo, roll on roll off, einzig vernuenftige Moeglichkeit, von Zentralamerika nach Suedamerika zu kommen.

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Après un peu de préparation pour séparer la cabine de conduite de l’habitacle, le Tioga attend d’être embarqué sur un cargo dans le port de Colon, tout perdu au milieu des montagnes de containers. Destination Carthagène.

Et pour nous ? Nous voilà “sans abri” pour au moins une semaine. Pas possible de monter avec le véhicule sur le cargo, qui ne transporte que des marchandises. La voie des terres est trop aléatoire, le voyage dans la jungle en pirogue ne nous semble pas raisonnable avec les enfants. Nous reste la voie des airs – on est toujours réticents à prendre l’avion quand ce n’est pas indispensable – ou la voie des eaux “légère”: se sera donc une traversée en voilier sur la mer Caraïbe !

Le départ de Panama City est un peu … chaotique puisque, en bons voyageurs aguerris que nous sommes, Andreas et moi arrivons coup sur coup à faire 2 bourdes monumentales. En réglant le réveil (qu’on n’utilise jamais) Andreas oublie d’intégrer l’heure de décalage horaire qui existe entre le Costa Rica et le Panama : réveillés trop tard, nous ratons le taxi 4x4 spécialement commandé qui doit nous emmener en trois heures de route jusqu’à notre bateau; il s’en ai fallu d’un cheveu que nous n’en trouvions pas un autre…. Une heure 1/2 plus tard, à peine remise de nos émotions matinales, je m’aperçois que j’ai oublié à l’hôtel rien de moins que la pochette qui contient 2 cartes bancaires et 1500 $ en liquide; nous ne sommes pas seuls dans le taxi, impossible de faire 1/2 tour, panique à bord ! Un coup de téléphone, la pochette est en sécurité à la réception de l’hôtel. Une fois arrivés sur le bateau, nous annonçons au capitaine que nous sommes dans l’impossibilité de payer la traversée… Aucun problème, Fritz, l’inébranlable propriétaire autrichien de notre catamaran, doit de toute façon retourner à Panama City dans l’heure qui suit, il passera à l’hôtel récupérer ses sous.  Nos cartes bancaires ? Kein Problem, Fritz sera à Carthagène quelques jours après nous, il viendra nous les rendre à l’hôtel là-bas. Bon et bien, n’y pensons plus… Rétrospectivement je m’étonne encore d’être restée aussi zen !

Finalement, il ne nous reste qu’à profiter de nos 5 jours de croisière: 2 jours de traversée effective précédés de 3 jours dans les îles San Blas, un archipel “carte postal” de la côte caraïbe habité par les indiens Kunas (voir plus de photos dans l’article précédent en allemand “Panama – Kolumbien”).

Ein halber Meter Meeresspiegelanstieg bedeutet den Untergang einer der schoensten Inselregionen der Karibik – die San Blas Inseln, wo es 367 Stueck davon hat, fuer jeden Tag eine.

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Un chapelet d’îles qui dépassent à peine de l’eau, toutes couvertes de palmiers;

Einheimische Indianer, die vom Fischfang, Kokosnuessen und diversen mehr oder wenig legalen Urwaldkraeutern ueber-leben. Gerudert wird im Einbaum nur bei Noeten, ansonsten mit improvisiertem Segel, das in Sekundenschnelle steht oder gefaltet wird.

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Mais des îles quand même bien habitées: pour les indiens Kunas, la vie se passe sur l’eau, dans des embarcations rustiques.

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Une eau chaude et cristalline, des récifs coralliens pleins de poissons, des dauphins qui jouent autour du bateau – 3 Tage Schnorcheln und warmes Karibikwasser geniessen, bevor es auf die offene See geht.

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Des petits gars qui ont déjà bien le pied marin, même si Tobias ne va pas quitter son gilet de sauvetage pendant 5 jours – 5 Tage Schwimmweste gehoeren fuer Tobias zur Grundausruestung, um sich im Falle des Falles eine Chance zu geben.

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Eliecer à la cuisine (hum, des crêpes), Javier à la barre, nous sommes en de bonnes mains; la vie à bord est royale de même que les siestes de Tobias (en gilet de sauvetage quand-même). Clara jongle avec plaisir entre les langues pour parler avec chacun, espagnol avec l’équipage, allemand et anglais avec les passager et français avec maman.

Leben wie die Goetter – Essen, Sonnen, Siesta, Essen, Siesta, Sonnen (oder auch andersrum), wenn nur diese staendige Schauklerei nicht waere, aber die Kinder stecken das mit links weg, und veertreiben sich die Zeit mit Siesta oder Tratschen, 5 Tage Schulfrei, da die Lehrer ausgefallen sind.    

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Après la mer de rêve des îles, la traversée vers Carthagène est une belle aventure marine; on découvre un autre aspect de la mer caraïbe, celui d’une vraie mer agitée, avec des  vagues qui semblent déjà bien grandes aux montagnards que nous sommes ! Mais c’est beau, surtout quand ça ne dure “que” 48h : certains passagers ont déjà trouvé ça long, mais tous les moussaillons Peisser ont été bien vaillants. Chapeau à nos trois zouzous !

Was man nicht alles machen muss, um schlussendlich doch nur ein selbstgefertigtes “overlander” Diplom ausgehaendigt zu bekommen. Dieser Segeltrip war eine ganz besondere Erfahrung, die bestaetigt, besser die Fuesse am festen Boden zu lassen.

 DSC_2528 Terre ! Carthagène en vue ! ça y est, voici le continent sud-américain - ”Land in Sicht”, nach 51 wilden Schaukelstunden stranden wir endlich, alle heil und wohl auf, in Cartagena, Kolumbiens beruehmteste Hafenstadt.

Il ne nous reste plus qu’à récupérer le Tioga, ce qui n’est pas une mince affaire; d’abord, nous apprenons en arrivant que le cargo, qui aurait dû être au port avant nous, n’est pas encore arrivé… Et puis une fois à quai, avec trois jours de retard, il faut à Andreas toute sa réserve de patience pour pouvoir sortir le véhicule du port, pourtant avec l’aide d’un agent local ; c’est d’autant plus râlant que pour nous notre entrée à nous en Colombie  nos passeports ont été tamponnés sans sans aucun contrôle (nous n’avons même pas vu un douanier ! ) : vive la bureaucratie douanière, vive le Darien Gap !

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Mais bon, pour patienter pendant quelques DSC_0310jours il y a plus désagréable que la belle Cartagena de Indias ! C’est sans conteste notre plus belle ville depuis le début du voyage, très esthétique et avec une ambiance très sympa, très artistique. En plus les enfants adorent être à l’hôtel, depuis le temps qu’ils nous le demandaient ! Comme il fait très chaud dans la journée, nous nous réfugions régulièrement dans la chambre climatisée. Mais c’est dangereux de vivre à l’hôtel: Tobias finit par y avoir un accident de télé ! Une arcade fendue en faisant le fou sur un lit, en regardant un film…. (pas de souci, vite réparée à grand renfort de stéri-strip, on ne voit déjà plus rien). Comme quoi, c’est décidément le signe que nous sommes mieux sur la route. 

Enfin, 11 jours après l’avoir posé à Colon, nous retrouvons enfin notre maison roulante. Elle est en parfait état, au grand soulagement de Clara qui s’était laissée impressionnée par des récits d’effraction d’autres voyageurs (nous aussi à vrai dire).

Nous voilà prêts à découvrir l’Amérique du Sud, en tout premier lieu la Colombie.

Au plaisir de vous lire bientôt !

Posté par Mapatoclaya à 04:21 - - Commentaires [2] - Permalien [#]