18 janvier 2014

Pays maya, pays des volcans

Deutsche Legenden unter den Bildern!

Du 1er au 8 janvier 

Après le lago de Izabal, où nous avons passé le nouvel an, nous terminons le parcours dans les basses terres de l’ouest du pays par les ruines de Quiriga, aussi intéressantes pour ses stèles sculptées couvertes de glyphes – inspirées de celles de Copan, au Honduras voisin où nous irons bientôt - que pour ses arbres magnifiques et les oiseaux qu’ils abritent.
P1050825Die ganze Familie (mit einem kleinen Affen auf Mamas Ruecken) neben einer Maya-Stele in Quirigua

Dès que nous nous dirigeons vers l’est, nous prenons de la hauteur et le paysage change du tout au tout. La végétation, tellement dense depuis plusieurs semaines, se raréfie, au point de presque disparaître dans le “corridor secco”, une zone coincée entre les influences atlantique et pacifique où la subsistance est difficile ; les montagnes retrouvent une allure de montagne ; et …. le ciel redevient bleu ! Une vraie journée de soleil, on apprécie après l’humidité quasi constante dans laquelle nous baignions depuis Chetumal (la frontière Mexique – Belize): miracle, en deux jours le sel va sécher dans sa boîte et on ne retrouvera plus cette impression désagréable de s’assoir sur un siège mouillé partout dans le Tioga.

Nous traversons “de force” une partie de la capitale, Guatemala Ciudad, puisqu’il n’y a pas véritablement de périphérique qui contourne la ville. Ce que nous en voyons ne nous donne pas particulièrement envie de nous arrêter – ça tombe bien, ce n’était pas au programme, on évite par principe les grandes villes. Nous continuons donc jusqu’à Antigua, l’ancienne capitale qui a été déplacée après avoir été détruite plusieurs fois par les tremblements de terre et les volcans. Les volcans effectivement entourent la ville sur trois côtés. Deux d’entre eux sont éteints, mais le troisième crache environ toutes les 10 minutes un épais panache de fumée blanche, on dirait qu’il nous fait des signaux. La ville a de jolis restes coloniaux mais l’impression générale est assez bizarre car d’un côté de nombreuses églises sont à moitié en ruine – c’est une politique de la ville, classée Patrimoine Mondial, de ne pas avoir remis en état tous les bâtiments endommagés après les dernières catastrophes – et de l’autre côté les restaurants et hôtels de luxe se multiplient pour accueillir des cargaisons d’Américains qui débarquent avec leur dolars…. tout nous semble un peu faussé et nous n’accrochons pas plus que cela.
Malgré tout, même si l’emplacement de camping officiel où nous parquons le Tioga, l’arrière cour de la police touristique, n’a rien de très poétique, il a l’avantage d’être gratuit et d’être un vrai repaire de voyageurs, ce qui permet de papoter et d’échanger des informations. Nous y retrouvons avec plaisir Mireilla et Alex, 2 jeunes hispano-belges que nous avions déjà croisés au Mexique et au Belize et que les enfants adorent. Mireilla est ravie de décorer son 4x4 avec les dessins que lui fait Tobias.

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Les 3 volcans de la ville, de gauche à droite : volcan de Agua, del Fuego (normal, celui qui fume) et Acatenango (le plus haut, 3976 m)
Antiguas Vulkane (von l. n. r.): Volcan de Agua, Volcan de Fuego (mit kraeftigen Rauchausstoessen jede Viertelstunde) und der Acatenango, der hoechste mit 3976 m.

DSC_1044Un marché maya coloré se tient devant ce qui reste de l’église El Carmen
Farbenpraechtiger Maya-Markt vor der Kirche von “el Carmen” (oder was davon noch ueber ist

Après cette étape citadine (à notre échelle), nous partons encore un peu plus à l’ouest pour le lac Atitlan, un superbe lac de cratère que tous les guides touristiques décrivent comme le joyau du Guatemala. C’est vrai, c’est très, très beau.
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Unwirklich schoen gelegen – Kratersee “lago Atitlan”, umgeben von unzaehligen ruhenden Vulkanen 

Seulement voila, c’est justement décrit dans tous les guides touristiques…. Un peu comme à Antigua, nous n’arrivons pas malgré la magie du paysage à trouver “l’esprit du lac”.
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Pourtant cet esprit a bien été là, le lac est entouré de villages mayas aux traditions bien ancrées. En nous laissant guider un peu plus par notre instinct que par le sacrosaint Lonely Planet nous allons le découvrir dans la petite bourgade un peu en retrait de Solola. Là nous tombons au coeur de la population maya, une foule d’hommes et de femmes, jeunes et vieux, venus célébrer l’arriver du nouveau prêtre de la paroisse.  Nous nous laissons tous les 5 emporter par le flot de couleurs, par l’âpreté de la langue Cachikel qui coule de toutes les bouches, par la gentillesse et la curiosité de ces gens qui nous observent autant que nous les observons, qui viennent toucher les cheveux blonds de Clara et les boucles dorées de Tobias quand nous admirons leurs vêtements brodés.   

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In “Solola” tragen sowohl Maenner wie Frauen ihre tradittionelle Kleidung, und nicht nur an Festtagen sondern alltaeglich.
Pour une fois (c’est la première fois que nous l’observons sur ce continent) les hommes aussi portent le costume traditionnel. Et pas seulement pour les grandes occasions mais vraiment au quotidien, nous l’avons vérifié plusieurs jours d’affilée.

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Die Kinder werden mindestens genau so oft photografiert wie wir die Leute, zumeist ueber gut versteckt sitzende Handys, Bh oder tiefer sind gewoehnliche Aufbewahrungsplaetze. Alle haben ihre Fuesse auf dem Boden, nur die Aussicht (naemlich die nach dem neuen Ortspfarrer) ist nicht fuer jeden die gleiche, dafuer hat sich Andreas noch immer zu keinem Hut durchringen koennen.
Les enfants ont beaucoup de succès auprès des gens, jeunes et moins jeunes, qui parfois sortent un téléphone portable de sous leur habit brodé pour les photographier. / Non, Andreas n’est pas monté sur un marchepied, il a bien les pieds au même niveau que ses voisins.


Une fois le prêtre rentré dans son église, la place s’est vidée en deux temps trois mouvement, mais c’est le marché qui s’est animé. Les paysans des montagnes alentours y viennent vendre leurs légumes et acheter leurs vêtements. Très épais, tissés et brodés à la main, chaque pièce vaut une petite fortune mais donne tellement d’allure qu’on se retrouve un peu ridicules avec nos T-shirt Patagonia. Clara aurait volontiers changé son habituel short – t-shirt, mais elle a finalement accepté que ce n’était pas le plus pratique pour faire de la gym dans tous les coins ou même grimper dans la capucine du Tioga …

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Auf dem lokalen Markt kommen Bauern aus der Umgebung zusammen, um  Gemuese zum Kauf anzubieten und Kleidung, viele weben ihre Kleider auch selber, zu erwerben. Ist unsere Maya-Clara nicht suess?

Nous reprenons la route en sen inverse, vers l’est, pour passer au Honduras. Après avec été bloqués dans les embouteillages de Guatemala Ciudad un peu plus longtemps que prévu, nous inaugurons la série des nuits passées sur une aire de station service (c’est sûr, il y en aura d’autres!). Un peu bruyant évidemment, mais très sympa; partout dans le monde, les routiers sont sympas ! (même mes deux oncles préférés).
Nous faisons encore un petit arrêt très chouette dans un petit musée paléontologique qui explique bien pourquoi il n’y a pas de traces de dinosaures en Amérique Centrale (cette bande de terre qui relie l’Amérique du Nord et du Sud n’existait pas il y a encore 60 millions d’années), mais seulement des restes de mammifères, et entre autres des paresseux géants tout à fait impressionnants : Tobias et Clara en restent bouche bée, Yan me demande un cours d’anatomie comparée.
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Heute ist ausnahmsweise kein Schultag, dafuer aber Geologie und Paleontologie in einem kleinen Museum in Estanzuela, einer der letzten Tage in Guatemala.

Et notre tout dernier arrêt guatémaltèque sera encore pour un volcan, le modeste volcan d’Ipala (1600 m). Il abrite un petit lac de cratère, auquel on accède par une jolie randonnée (ça fait un bien fou de marcher !! c’est notre première vraie randonnée tous les 5 depuis bien longtemps, les parcs américains peut-être). Tobias ralouille un peu pour monter (il faut dire qu’il est globalement dans une période ralouille et met nos nerfs de parents à rude éprouve dans l’espace limité du Tioga) met est tout content de voir un lac de volcan “Dis Yan, l’eau elle va bouillir ?”.
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Im Krater von dem kleinen Vulkan “Ipala” (1600 m) liegt ein schoener See. Gut versteckt in dichter Vegetation, brennt zum Erntedank ein kleines Feuer, lokaler Brauch der Mayas, um auf ihre Art und Weise den zustaendigen Goettern zu danken.

Clara ne veut plus sortir de la petite grotte dans le flanc du cratère où une famille maya vient de faire un feu et des offrandes de fleurs et de maïs, “comme autrefois”. Elle se sent sereine. Nous aussi. Ce sera notre petit Atitlan miniature, rien que pour nous. Nous avons trouvé l’esprit du lac, et celui du Guatemala. Merci Ipala.

Posté par Mapatoclaya à 03:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


06 janvier 2014

Noël dans la forêt tropicale du Peten

Der Text auf Deutsch kommt später, aber die Fotos sind schon legendiert.

Pour voir les photos en bonne définition, faites un clique droit de souris et “ouvrir dans une nouvelle fenêtre”.

Le phénomène de frontière est vraiment quelque chose d’extraordinaire. A priori une simple ligne artificielle dans un environnement continu, mais rien à faire, il suffit de la passer pour que les choses changent. L’administration change – nous quittons la douane avec une pile impressionnante de formulaires, qu’il nous a fallu quand même bien 3 heures pour obtenir… ; l’argent change – nous changeons nos dollars béliziens pour de poétiques Quetzals, au grand bonheur de Yan qui sent qu’il se rapproche de son but, apercevoir ce bel oiseau ; les gens changent – le type est à nouveau plus indien, les femmes portent de longues jupes colorées et des tuniques brodées ; la langue change – nous abandonnons cette fois définitivement l’anglais pour retrouver l’espagnol, au moins dans nos conversations courantes puisque les gens des villages entre eux parlent plutôt tzotzil, quechil ou un autre idiome maya ; la musique change aussi – différente de celle du Belize, caribéenne et anglophone, mais aussi complètement différente de celle du Mexique et de ses mariachis. Une impression domine, juste quelques kilomètres après la frontière : cette fois ça y est, nous sommes vraiment en Amérique Centrale !

Frontière / Grenze Belize-Guatemala   Santa Elena - Markt / Marché

Notre 1ere destination est Tikal, cité maya perdue dans la jungle. A vol d’oiseau, nous sommes tout proches de Palenque, une des grandes cités rivales de l’époque que nous avons visitée il y a 2 semaines déjà - entre les 2, la jungle du Peten, impraticable pour nous. Le site est absolument magique. Nous y arrivons en fin d’après-midi, nous n’en repartirons que le surlendemain – une fois payé le droit d’entrée, autant en profiter, nous ne nous en lassons pas ! Tikal combine un site archéologique majeur et une nature fantastique: coatis, dindes ocellées, singes araignées, toucans et perroquets se baladent au milieux des vieux temples mayas. Les parents – surtout Carine… - profitent donc pleinementTikal - Coatis des ruines – certaines ici sont vieilles de 2500 ans !!! – pendant que les autres sont à l’affut des animaux : un paradis familial, qui se prolonge jusqu’à la nuit puisque les coatis viennent jouer autour de la tente et que c’est depuis le camping ou presque qu’on fera les plus belles photos de toucans (2 variétés) et de perroquets.        Photo spéciale pour la MTroop, on a trouvé la version locale des racoons !
Tikal - Spinnen Affe / singe araignée  Tikal - Plaza grande / Haupt Platzt       Tikal - Templo II  Aracari, ein Art von Toukan Clara s'entraîne / Clara trainiert

Au petit matin ou au coucher du soleil, la forêt vierge à perte de vue depuis le sommet du temple IV restera pour l’amoureux des forêts qu’est Andreas un moment très fort.Tikal in dem tropischen Wald

Nous ressortons à peine du parc national pour aller nous poser sur la rive du lac Peten Itza pour passer Noel. Nous parquons le Tioga à coté du restaurant Mon Ami, et c’est donc en milieu francophone que nous passons le réveillon. Au menu, de la dinde évidemment, mais pas ocellée celle-là ! Et puis du pain, du “vrai” pain, notre premier bon pain depuis 4 mois – non Doudou, il ne vaut pas encore le tien, auquel nous pensons si régulièrement en avalant notre tranche de pain de mie le matin. Et encore des crêpes, au nutella en plus.  
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La magnifique dinde ocellée a-t-elle le même goût que la dinde tout court ? pas question d’essayer !   Die wunderschoene Tikal Truthan und ... Truthan zum essem am 24sten

Et puis surtout des amis avec qui papoter. Les Tobias et Clara accaparent Santiago et Patrick pour décharger en français leurs valises de souvenirs et d’expériences; Yan observe minutieusement les techniques de travail de bijouterie de Patrick, pour trouver la meilleure façon de percer les graines qu’il récolte dans la forêt depuis plusieurs semaines. A propos de graines, il y a justement juste à coté du resto un arbre à “colorinia”, ces superbes graines rouges pétants qu’il convoite; génial, il en fait un arbre de Noël spécial MaPaToClaYa. Avec un bel arbre comme ça, le Père Noël était obligé de passer. “Mais, ici aussi il vient avec ces rennes magiques?” demande Tobias; peut-être, ou peut-être que son traineau est tiré par un vol de perroquets…
Unser Weihnachtsbaum  Das Christkind ist gekommen !!  

Le 25 décembre nous réserve aussi un autre très beau cadeau familial : une balade dans la forêt tropicale, la découverte encore de nouveaux arbres (dont le ramon, qui produit des noix extrêmement nutritives utilisées par les Mayas) – de nouveaux types de moustiques aussi…-, et un moment magique d’observation des singes hurleurs au cœur de la forêt. Yan arrive même à trouver le ton – très guttural, pas très élégant je vous l’accorde – pour qu’un gros mâle lui réponde: dialogue génial !! jusqu’à ce que Yan se lâche dans une tirade plus mélodieuse et que Clara lui assène un catégorique “non, là il t’a pas compris”. Nous VIVONS la nature et c’est un moment précieux. Clôturé qui plus est par une baignade au coucher de soleil dans les eaux claires et tièdes du lac. Un très beau Noël !!
 Der brüllaffe brüllt Yan redet mit dem Affe

Lac PetenItza - Der Peten Itza See, wo wir Weihnachten verbracht haben

Après un court arrêt à Flores, petit îlot sur le lac PetenItza un peu trop touristique pour nous – nous apprécions bien davantage le fourmillant marché de Santa Elena, juste à côté – nous descendons plus au sud. Le stop à la Finka Ixobel, tant encensé par la majorité des voyageurs, ne nous emballe pas plus que ça; la faute à la pluie qui nous laisse peu de répit ? (vive le climat tropical de cette partie du pays…, nous sommes ici tout prêt de la frontière du Bélize et donc de la côte caraïbe); la faute peut-être aussi à l’armée de minuscules tiques qui nous assaillent – on en retrouvera pendant plusieurs jours, mais heureusement ils s’enlèvent très facilement.
les plantations de palmiers gagnent sur la forêt

Du coup du continuons rapidement notre descente vers la limite sud du Peten, administrativement le plus grand département du Guatemala mais surtout géographiquement une très vaste région de basses terres couvertes de forêt tropicale humide qui s’étend au nord au-delà de la frontière du Mexique. Et nous allons vérifier encore une fois que cette forêt-là est bien humide, mais plutôt pour en profiter : forcément avec la quantité de précipitations, il y a de belles grosses rivières ! Nous nous dirigeons donc vers Las Conchas, un site de cascades et bassins en aval de Seymuc Champey - nous avons fait une croix sur l’option d’aller jusque là-bas, pas raisonnable du tout avec notre Tioga pas 4x4 et compliqué sinon. Et effectivement, de l’eau il y en a !!! C’est assez rigolo de voir les petit panneaux d’indication “Nadar” – c’est à dire “nager” – qui pointent vers des bassins bouillonnants où le courant est carrément très fort. Peut-être qu’à la saison sèche … ? Pas grave, on arrive quand même à trouver un petit coin moins plus calme pour prendre une grosse douche sous une cascade. On économise la pompe à eau du Tioga…. (de toute façon le bac de douche est depuis longtemps transformé en bac à légumes).
 Las Conchas kräftige Wasserfälle  P1050725

Mais le top, ce sera quand même la cascade d’Agua Calientes, encore un peu plus au sud. Là, comme son nom l’indique, la douche est chaude, délicieusement chaude. Trop chaude même pour Tobias : “Non, je veux pas”; par contre les 4 autres ne veulent plus sortir. Alors, comme il y a plein de monde pour les vacances de fin d’années – peu de touristes étrangers mais beaucoup de guatémaltèques en familles – on papote; une chouette occasion de discuter avec des gens de la ville dans un cadre pas urbain du tout.

Aguas Calientes - Ein toller warmer Wasserfall Aguas Calientes

Et c’est aussi avec une famille de Guatemala Ciudad que nous passons le réveillon, au bord du lac Izabal : les Diaz sont des gens adorables, avec qui nous avons passé trois jours très paisibles dans le restaurant familial où ils se rassemblent pour la fin d’année. Ils nous ont choyé, et nous avons entamé la nouvelle année en partage d’amitié. Du coup même la pluie qui s’est mise à tomber à minuit pile poil nous a paru chaleureuse …

Die liebe Famillie, mit der wir 2014 angefangen haben Nous avons aussi découvert avec eux d’autres facettes du Guatemala, mais ça ce sera une autre histoire.

Posté par Mapatoclaya à 03:48 - - Commentaires [8] - Permalien [#]